LITTLE ROCK AFB
Sortie de terre en à peine plus d’une année, la base aérienne de Little Rock dans l’Arkansas fut initialement bâtie pour répondre à une demande du Strategic Air Command (SAC). Officiellement activée par le puissant commandement de l’USAF à l’été 1955, elle accueille dans un premier temps le 384ème Bomber Wing et ses B-47E ainsi que le 70ème Reconnaissance Wing équipé de RB-47B et de ravitailleurs KC-97 en soutien. Arrivés en bout de course au milieu de la décennie suivante, les « Stratojet » laissent alors la place à un tout autre type de bombardier du SAC : le B-58 Hustler. Transférés depuis Carswell AFB (TX), le 43ème BW et ses machines s’installeront pour à peine plus de 5 ans ici, conséquence d’une machine trop complexe pour son époque et dépassée dans ses missions avec l’apparition de défenses sol-air désormais crédibles. Enfin, de son côté, le 189th TRG devenait en 1965 la première unité de la garde nationale à s’équiper du RF-101 et prenait le rôle clef de former l’ensemble des équipages de l’USAF sur cette machine.
Changements de commandements et de machines
C’est à partir de l’année 1970 que les choses vont s’accélérer et que les prémices de la « Home of the Herk Nation » vont naitre. LRAFB est officiellement transférée du SAC au Tactical Air Command (TAC). Sans demie mesure, comme souvent, ce sont immédiatement quatre escadrons de C-130E qui s’installent dans l’Arkansas sous l’égide du 314th Tactical Airlift Wing. Rebelotte en 1974 avec l’arrivée du Mobility Air Command (MAC) en remplacement du TAC. Ce nouveau changement de commandement n’impactera pas le fonctionnement et les missions déjà en place à savoir : soutenir l’effort du conflit au Vietnam sur ses cinq dernières années, les missions courantes de l’USAF et assurer d’ores et déjà la formation sur cet avion de plus en plus répandu. La cohabitation avec d’autres machines perdurera encore quelques années avant que les « Herk » ne s’imposent définitivement. Les derniers RF-101 cèderont leur place en 1976 aux KC-135 du 189th ARG, qui resteront présents encore une décennie avant de repasser du SAC au TAC en troquant ses tankers contre des C-130H. Finalement, c’est en 1992 que l’actuel Air Mobility Command s’installera et plus précisément à compter de 1997 avec la mise en place de l’Air Education and Training Command (AETC), que LRAFB prendra sa forme actuelle.
Le 19th Airlift Wing
Aujourd’hui articulé autour de 3 escadrons, tous équipés de C-130J-30, le 19th AW est littéralement au cœur de la machine. Les 34th, 41st et 61st Airlift Squadron regroupent la majeure partie des avions basés à Little Rock. Réactivé en 2008, ce wing est la référence de l’USAF à propos du C-130J/J-30. Ses missions couvrent l’ensemble du spectre du transport aérien tactique et en particulier le fait d’opérer depuis des pistes courtes et sommaires que ne peuvent pratiquer les C-17 et C-5. Et ce bien sûr en toutes circonstances : de jour, de nuit, après une infiltration tactique basse altitude en territoire hostile. L’autre domaine dans lequel excelle le 19th AW est l’aérolargage. Qu’il s’agisse de troupes conventionnelles, de forces spéciales ou bien de fret en tout genre. Ils savent délivrer au bon endroit au bon moment. À cela s’ajoute la capacité de projection rapide pour être en mesure de déployer le plus rapidement possible l’ensemble des capacités nécessaires en un très court délai : équipages, maintenance, commandement, soutien logistique. Enfin, la responsabilité de la formation relève elle du 314th AW sous commandement de l’AETC. Il est à noter que les machines sont partagées avec le 19th AW, ce qui en fait un ensemble « intégré ». Un peu sur le même schéma que nos ESTA en France, ce qui n’est pas si courant outre atlantique.
Bien que l’entrée en service actif du « Hercules » soufflera cette année ses 70 bougies (rien que ça !), aucune date de retrait des C-130J/J-30 n’est évoquée, car elle ne semble tout simplement pas être à l’ordre du jour. Ses multiples évolutions et sa production à grande échelle en ont fait une machine fiable, robuste, performante et viable financièrement. Il y a fort à parier que le modèle phare de Lockheed achèvera sa carrière centenaire et que Little Rock AFB n’a pas de souci à se faire pour son avenir.










