INIOCHOS 25
Du 31 mars au 11 avril 2025, la base aérienne d’Andravida et la région du Péloponnèse ont de nouveau accueilli une activité aérienne particulièrement soutenue à l’occasion de l’exercice Iniochos. Organisé par la Hellenic Air Force (HAF), cet exercice multinational confirme, année après année, son attractivité auprès des forces aériennes alliées. Devenu un rendez-vous annuel incontournable du printemps, Iniochos 2025 s’est affirmée comme l’édition la plus ambitieuse depuis son passage au format « invitational » en 2015, réunissant près d’une douzaine de nations engagées dans des missions de haute intensité.
Un large panel de chasseurs et de cocardes
Outre la HAF et tous ses types de chasseurs, cette année les contingents participants comprenaient des pays de l’OTAN et des partenaires extérieurs moins coutumiers de ces larges exercices. C’est la 3ème escadre de chasse et ses Mirage 2000D RMV qui représentaient la France pour cette édition. Chez les alliés il était particulièrement appréciable de retrouver les Tornado Italiens venus de Ghedi ainsi que la dizaine de F-16 que l’USAF nous envoya depuis Homestead AFB (FL) aux côtés des F-16 Polonais et F/A-18 Espagnols. Mais c’est à coup sûr les autres pays invités et leurs machines qui étaient l’attraction de cette édition : le Qatar avec ses F-15QA, l’Inde et ses Su-30MKI, les Mirage 2000-9 des Emirats Arabes Unis ou encore ce Beech 200T Israélien bardé d’antennes et vu lors de la journée spotter. À noter également la présence au sol d’autres nations avec le statut d’observateur telles que Bahreïn et la Slovaquie. Ces deux pays exploitant désormais des F-16 portés au standard « block 70 », soit la plus avancée des versions, ils alors pourraient souhaiter prendre part aux prochaines éditions afin de faire monter en compétences leurs pilotes.
Un format multinational, un spectre de menaces réalistes
Iniochos a pour vocation de fournir un cadre « live-fly » permettant d’entraîner les forces aériennes aux problématiques des théâtres contemporains. Un large spectre de missions y est ainsi passé en revue au cours de ces deux semaines : supériorité aérienne, missions air-sol et SEAD/DEAD, mais aussi de ravitaillement en vol et de guerre électronique. Le but étant évidemment de développer toutes ces capacités dans le cadre d’une interopérabilité multinationale de plus en plus élargie. Supervisé par l’Air Tactics Center (ATC), l’édition 2025 a reproduit des environnements opérationnels complexes, mettant en scène des menaces multiples et variées afin d’exercer la planification tactique et la coordination du commandement.


Andravida aura servi de hub pour les opérations et les détachements étrangers, pendant que la HAF se déployait également depuis ses différentes bases. La force hôte ne lésina d’ailleurs visiblement pas sur les moyens car elle engagea a minima ses Rafale EG, ses Mirage 2000-5EG et des F-16C/D dans les sorties quotidiennes. Pour rappel : le F-16 est toujours le premier chasseur en nombre de la HAF, évalué à environ encore 150 unités ! Elle le met d’ailleurs en œuvre sous pas moins de 5 standards différents, ce qui doit être un casse-tête et une source importante de couts pour la formation, la logistique et l’entretien. S’ajouteront aux registres à compter de 2028 (date espérée) les premiers des 20 F-35A commandés alors que 20 autres sont en option. Il faudra toutefois attendre 2030 pour voir la machine de 5ème génération poser ses roues sur le sol Grec, à Andravida justement. En attendant : les F-4E Phantom, bien que n’ayant pas pris part à l’exercice mais étant chez eux, ont su faire parler leur légende en réalisant des sorties locales. De nouveau appelés à jouer les prolongations, ils ne sont désormais plus que quelques uns et leur fin n’a jamais parue aussi proche. Nul doute en voyant l’ampleur et la diversité que prend Iniochos qu’il continuera d’être un important point de rendez dans les années à venir. La fermeture temporaire d’Andravida pour travaux ne freinera en rien la HAF dans sa volonté de proposer et d’améliorer cet exercice majeur à ses alliés de l’OTAN, d’Asie et de la péninsule Arabique afin d’étendre ses coopérations stratégiques.



















